Démence chez les chats

Démence chez les chats

Votre chat semble parfois avoir du mal à distinguer certains éléments de son environnement ? Dans une telle situation, un examen vétérinaire des yeux est fortement recommandé, car ces troubles peuvent signaler l’apparition d’une cataracte, une maladie oculaire nécessitant une prise en charge adaptée. Dans cet article, nous vous expliquons comment identifier la cataracte chez le chat, quelles solutions thérapeutiques existent et quelles évolutions peuvent être envisagées.

Qu’est-ce que la démence ?

La démence est une affection neurodégénérative qui touche le cerveau et altère progressivement les fonctions cognitives. Ce terme regroupe un ensemble de symptômes, tels que la perte de mémoire, la désorientation ou la diminution des capacités de raisonnement. La maladie d’Alzheimer correspond quant à elle à une forme spécifique et médicalement définie de démence.

À noter : chez le chat, cette pathologie est désignée sous le nom de syndrome de dysfonctionnement cognitif félin (CDS).

Quels chats sont les plus exposés au risque de démence ?

La démence peut concerner des chats de tous âges et de toutes races. Néanmoins, le facteur de risque principal reste l’âge. En effet, la probabilité de développer une forme de démence de type Alzheimer félin augmente fortement chez les chats seniors. D’après certaines études, environ un chat sur deux âgé de plus de 15 ans présente des signes de troubles cognitifs liés au vieillissement.

Symptômes : comment se manifeste la démence chez le chat ?

De manière générale, la démence féline se traduit par une dégradation progressive des fonctions cognitives. Plusieurs signes peuvent alors apparaître :

Modifications du comportement
Lorsque les capacités mentales diminuent, le comportement du chat peut changer. Un animal habituellement calme et sociable peut devenir agressif, anxieux ou peureux, et miauler plus fréquemment qu’à l’accoutumée.

Désorientation
Les chats connaissent en principe parfaitement leur territoire. En cas de syndrome de dysfonction cognitive, ils peuvent toutefois oublier l’emplacement de leur litière ou de leur gamelle, rester immobiles face à un mur ou sembler chercher sans succès la sortie d’une pièce.

Troubles de la propreté
Le toilettage, normalement assuré régulièrement grâce à la langue rugueuse du chat, peut devenir moins fréquent. Par ailleurs, les chats atteints de démence peuvent perdre leurs habitudes de propreté et uriner ou déféquer dans des endroits inappropriés, y compris à l’intérieur du logement.

Perturbation du rythme circadien
Le chat peut avoir des difficultés à reconnaître les moments de la journée, ce qui peut entraîner des oublis des heures de repas.

Altération du cycle veille-sommeil
Bien que les chats soient naturellement plus actifs la nuit et dorment davantage le jour, la démence peut inverser ce rythme. Le chat dort alors surtout la nuit et se montre très actif en journée.

Baisse des capacités de mémoire et d’apprentissage
La plupart des chats reconnaissent leur nom et associent certains mots à des actions, comme « nourriture ». La démence affecte les zones cérébrales impliquées dans la mémoire et l’apprentissage, ce qui conduit à l’oubli de comportements ou de consignes auparavant acquis.

Diagnostic : comment identifier la démence féline ?

Pour établir un diagnostic, le vétérinaire commence par exclure d’autres maladies pouvant expliquer les symptômes observés. Il vérifie notamment l’absence de troubles pouvant provoquer une perte de la vue ou de l’audition. Un examen des reins et de la vessie est également réalisé afin d’écarter des pathologies responsables d’incontinence.

Traitement : peut-on soigner la démence chez le chat ?

À ce jour, il n’existe pas de traitement permettant de guérir la démence chez le chat. L’accompagnement au quotidien est donc essentiel. En accord avec votre vétérinaire, plusieurs mesures peuvent être mises en place :

  • stimuler les fonctions cérébrales en jouant régulièrement avec votre chat,

  • lui consacrer du temps et faire preuve de patience,

  • adapter son environnement pour limiter les obstacles et faciliter l’accès aux zones de repos,

  • placer la nourriture et l’eau dans des endroits facilement accessibles,

  • installer des rampes pour l’aider à atteindre la litière ou les couchages en hauteur,

  • réduire au maximum les sources de stress, en évitant les changements brusques, l’arrivée de nouveaux animaux ou les visites fréquentes ; si nécessaire, l’utilisation de phéromones apaisantes peut être envisagée avec l’avis du vétérinaire.

Pronostic : quelles sont les perspectives d’évolution ?

Selon les connaissances actuelles, la démence féline ne peut pas être guérie. Les cellules cérébrales détruites ne se régénèrent pas, ce qui rend les lésions irréversibles. En revanche, une prise en charge attentive, associée à beaucoup de patience et de compréhension, permet d’améliorer significativement la qualité de vie du chat atteint.

Causes : quels sont les mécanismes à l’origine de la démence chez le chat ?

La démence est avant tout une maladie neurodégénérative. Elle se caractérise par une perte progressive de la mémoire, de l’orientation et des capacités intellectuelles. La maladie d’Alzheimer constitue une forme particulière de démence.

Décrite pour la première fois chez l’humain en 1906 par le neurologue allemand Alois Alzheimer, cette pathologie a ensuite été mise en évidence chez plusieurs espèces animales, notamment les chiens et les chats. Chez le chien, on parle également de syndrome de dysfonction cognitive, et des troubles comparables peuvent toucher les félins.

À l’origine de ces troubles, on observe une accumulation anormale de protéines dans le tissu cérébral. Lorsqu’elles se déposent à l’intérieur des cellules nerveuses, il s’agit de protéines Tau ; lorsqu’elles se situent à l’extérieur des cellules, on parle de plaques amyloïdes. Ces dépôts provoquent la mort des tissus cérébraux concernés, entraînant une diminution progressive des fonctions essentielles du cerveau et une altération des capacités cognitives du chat.